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Expositions

PROGRAMME des Expositions 2011 de la maison de la photographie des landes


du 11 juillet au 28 août 2011 :

Bertrand MEUNIER : «  Hub Side Down »

Hong Kong, Bangkok, Tokyo, Shangaï: quatre villes aux flux ininterrompus, quatre mégapoles asiatiques, quatre « hub » où Bertrand Meunier a séjourné. Dans une fiction photographique, il tente de recréer une cinquième ville, un lieu imaginaire, pensé et vécu comme une interrogation sur la ville et les comportements de l’individu dans ces mondes modernes et urbains.

Bertrand MEUNIER est né en 1965 à Nevers. En 1994, il met un terme à une carrière dans l’escalade de haut niveau et la haute montagne. Premiers voyages en Asie.

- 2001 : lauréat du Prix Oscar Barnack pour son travail sur la Chine industrielle.

- 2005 : parution de « Le sang de la Chine », Prix International des Médias et Prix Joseph Kessel.

- 2007 : lauréat du Prix Niepce pour son travail sur la Chine.

- 2009 : résidences en France pour le projet « Les Français, mots et visages », à la suite d’une résidence à Sète qui déclenche le désir de travailler sur la France. Plusieurs années sont alors nécessaires pour parcourir, région par région, un terrain singulier et construire un regard critique. Fasciné par les territoires, B. MEUNIER s’interroge sur leur devenir, et sur le nôtre…

C’est dans ce cadre qu’il est accueilli en 2011 en résidence à la Maison de la Photographie des Landes à Labouheyre, où il exposera son travail en 2012.

Le travail de Bertrand MEUNIER se construit selon une méthode proche d’une démarche cinématographique : étude de terrain de longue haleine, puis scénarisation d’une série d’images et construction de séquences se dégageant de l’information brute. Il assume ainsi   une intention subjective, souvent onirique, au-delà de la simple approche documentaire…

Bertrand MEUNIER est membre du collectif «Tendance Floue».

 

Félix ARNAUDIN : « Paysages de la lande d’autrefois »

Paysages à travers la photographie de Félix Arnaudin

L’abord de l’œuvre photographique de Félix Arnaudin ressemble à celle d’un continent mal connu. Les premières expéditions préparées pour en explorer les contours en ont ramenées des impressions merveilleuses. On pense  Au temps des échasses, publication paru sept ans après la mort de Félix, sélection de quelques superbes photographies réalisées par ses amis et mises en valeur par une édition de luxe. L’Imagier de la Grande-Lande, édité  en 1993, reprend l’idée d’une découverte du travail photographique d’Arnaudin à travers une petite sélection de photographies de grande qualité. Le Musée d’Aquitaine entreprend en 1991 d’éditer l’ensemble des documents photographiques en sa possession avec l’ouvrage Félix Arnaudin : quarante ans d’images à travers la Grande-Lande. Ce premier volume resté sans suite avait été consacré aux photographies de bâtiments et d’airiaux. La commune de Labouheyre en réhabilitant la maison du photographe en Maison de la Photographie propose à partir des années 2000  une exposition de clichés souvent inédits sur un thème renouvelé chaque année. Néanmoins l’essentiel de l’œuvre est aujourd’hui encore inconnu du plus grand nombre.

Que pouvons-nous comprendre aujourd’hui en observant les documents photographiques laissés par Félix Arnaudin ? Que pouvons-nous comprendre de ses intentions, de ses collectages ? Que pouvons-nous comprendre du territoire qui fut le cadre et le sujet de ses recherches ? Si l’approche ici retenue prend les paysages comme référence, c’est pour constater combien leur observation est significative. Elle rend compte de malentendus sur l’appréciation du travail de ce natif de Labouheyre, comme d’informations encore à exploiter.



Le paysage dans l’œuvre d’Arnaudin


Il constitue la majeure partie du travail de Félix. L’œuvre photographique est d’abord structurée par la volonté de rendre compte des paysages de la Grande-Lande. Les principaux thèmes y sont représentés dès les premiers clichés. Le thème de la lande y domine déjà. Le paysage de prédilection d’Arnaudin est celui de ses chasses aux lièvres. Si nul n’en est surpris, chacun prend-il conscience que ses centres d’intérêts, en la matière, ne sont pas ceux qui lui sont prêtés ?

 Car si l’on y porte attention, la présence des troupeaux est bien plus fréquemment suggérée que montrée explicitement même si les représentations les plus connues de Félix comptent des scènes pastorales avec bergers et troupeaux. Ces dernières continuent encore à notre époque d’être considérées comme une sorte de synthèse paysagère de l’œuvre d’Arnaudin. L’Imagier de la Grande-Lande en propose l’exemple par son choix de première de couverture (les bergers à Giscos, lieu-dit de Commensacq).

C’est un compte rendu fidèle de son amour : la lande, ses hommes, ses bêtes mais à laquelle son approche du paysage ne saurait être ramenée. C’est aussi la rencontre entre un sujet cher entre tous à Arnaudin et la symbolique du territoire  landais telle qu’elle s’est forgée depuis le XIXe siècle dans l’imaginaire collectif. On ne s’attache à remarquer chez Arnaudin que ce que l’on veut y trouver pour conforter une représentation collective du paysage des Landes de Gascogne.

Des Landes de Gascogne et non de la Grande-Lande, l’espace d’étude de Félix Arnaudin. La première appréhension du public avec les paysages photographiés par Félix Arnaudin prend en effet ses distances avec le périmètre d’étude de celui-ci. Félix Arnaudin n’a jamais voulu traiter des paysages des Landes de Gascogne dans leur ensemble mais seulement du territoire qui lui était cher, au centre de ce vaste espace, même s’il n’a pas dédaigné consacrer quelques clichés à ses pays limitrophes, le Born et le Brassenx. Un malentendu se crée ainsi entre l’intention du photographe et celle qui lui est communément prêtée. Et la Grande-Lande dans sa forme paysagère la plus commune ainsi que le rappelle son appellation, c’est la lande dans ses étendues les plus libres.

Ses compositions de bergers dans l’immensité de l’espace landais prennent valeur d’icônes. Pourtant elles occupent une place réduite dans la production du Bouheyrot relative aux paysages. La lande d’Arnaudin est un paysage où la présence directe des hommes et du bétail est fréquemment remplacée par la trace de leur présence : des bergeries, un abreuvoir, des sentiers… C’est la lande elle-même, en tant que sujet paysager d’étude et de contemplation et non la lande comme décor de la société landaise que choisit de photographier Arnaudin. L’homme n’est pas oublié. Il transparaît dans tous les clichés puisqu’il crée et fait évoluer les paysages mais il n’est pas le centre d’intérêt principal de Félix.

Ainsi le paysage dont rend compte Arnaudin est un témoignage. Il est à la fois rigoureux et subjectif, holistique et particulier. Holistique parce qu’il entend montrer tous les aspects des paysages grand-landais anciens, particulier parce qu’il se consacre volontairement à une partie seulement des Landes de Gascogne. L’approche holistique atteint ses limites en ne tenant pas compte de nombreux apports de la modernité dans le paysage. Les nouvelles installations industrielles ne sont pas regardées, les infrastructures ferroviaires sont très rarement représentées. Le paysage d’Arnaudin est donc un paysage orienté. Il est considéré avant tout pour témoigner de « l’ancienne lande », d’une organisation de l’espace qui structurait le regard et à travers lui qui participait à une appréhension originale de ce pays.

Comme cela a été précisé, les paysages de parcours sont plus souvent représentés de façon elliptique que de façon explicite. Néanmoins d’une manière ou d’une autre la perception dominante est que cet espace démesuré est une œuvre humaine, vécue et habitée par l’homme. A preuve les lieux de vie des Landais, les « quartiers », sont aussi traités. Ils matérialisent le génie landais qui consiste à composer avec les éléments naturels. Le paysage des airiaux compose avec l’hydrologie, les boisements de feuillus anciens. L’harmonie dans l’ouverture et dans l’ampleur constitue leur principe de composition. Sur les champs, la pauvreté des sols, leur engorgement ou leur aridité saisonnière imposent d’autres formes paysagères. Félix Arnaudin détaille la dentelle de sillons, billons, fossés, buttes, bordures enherbées, haies et talus agencés subtilement. La nécessité de subsister guide cette sophistication.

 

Bertrand BOUËT-WILLAUMEZ : « Petits matins, grands soirs » (Place de la mairie)

Né à Paris en 1944, Bertrand Bouët-Willaumez s’est spécialisé très tôt dans la photographie publicitaire des marques du luxe ( Guerlain, Kenzo, Cacharel, Burberry's…), ce qui lui a permis de travailler aux côtés des plus grands noms de la publicité (André Martin, Sarah Moon…).

En 2004, il découvre les Landes et rompt avec la vie parisienne pour s’installer à Onesse-et-Laharie, où il restaure avec sa compagne une ancienne épicerie rurale dont ils font une très belle maison-galerie, la Maison des 3 Poiriers, où ses œuvres sont visibles en permanence ( 05 58 07 31 58 ).

Bertrand Bouët-Willaumez a découvert la forêt des Landes comme une grâce qui lui aurait été faite. Toute l’année, au gré des caprices du temps, des saisons et des heures, il va à la rencontre de « ses » arbres… Saisissant, dans ses photos, les  lumières grésillantes de l’été, le noircissement des grands troncs quand crépite la pluie de novembre ou les sons assourdis de la vie sous la neige…

C’est tout cela, sans doute, qui fait la magie et le mystère de ces images, où la vibration de la lumière et des couleurs se fait – presque – musique…

 



Prêt et locations d'expositions :

La Maison de la Photographie de Landes peut mettre à disposition, sur demande, différentes expositions photographiques sur des thèmes variés. Merci de nous contacter.

 
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